LES GRANDES VOIES JACQUAIRES

Depuis le fameux guide d'Aymeric Picaud, du XIIe siècle, en quelque sorte l'ancêtre des topoguides bien qu'il n'ait jamais pu remplir cette fonction, on considère que les principaux itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle en France sont au nombre de quatre. Ils  convergent tous dans le département des Pyrénées-Atlantiques :
* la voie de Tours (via Turonensis) rassemblait les pèlerins venant du nord de la France, de Paris, et descendait par Poitiers, Saintes, Bordeaux, Dax et Sorde-l'Abbaye ;
* la voie de Vézelay (via Lemovicencis), qu'empruntaient les français de l'est et les allemands, passait par Limoges, Périgueux, la Réole, Mont-de-Marsan, Orthez et Sauveterre-de-Béarn ;
* la voie du Puy (via Podiensis) descendait par Conques, Cahors, Moissac, Aire-sur-l'Adour, Arthez de Béarn et Navarrenx ;
* la voie d'Arles (via Arletensis puis via Tolosana), dite aussi voie du sud, passait à Montpellier, Castres, Toulouse et Auch, avant de traverser notre département par Morlaàs, Lescar, Oloron-Sainte-Marie et la vallée d'Aspe.


À ces quatre voies principales, il convient d'ajouter :

* la voie du piémont, qui permettait aux pèlerins venant d'Italie et du sud de la France, de longer la chaîne pyrénéenne versant nord avant de la franchir par la vallée d'Ossau, la vallée d'Aspe (via Oloron-Sainte-Marie), ou même à Roncevaux par Saint-Jean-Pied-de-Port.

Les deux premières voies, de Tours et de Vézelay,  se rejoignent à Saint-Palais et retrouvent la troisième, du Puy, à la stèle de Gibraltar, à 3 km au sud de Saint-Palais. De là, elles gagnent Ostabat et Saint-Jean-Pied-de-Port.
La quatrième voie file par la vallée d'Aspe et passe en Espagne par le Somport.


À côté de ces cinq grands chemins, il a existé de nombreuses autres voies parallèles qui se sont établies et défaites au gré des circonstances historiques ou climatiques et en fonction des infrastructures disponibles : routes, "hôpitaux", etc.
L'une de ces voies est la voie du Piémont, qui est une variante méridionale de la voie d'Arles et qui, comme son nom l'indique, reste quelque temps au "pied du mont" avant de tenter l'aventure du franchissement de la chaîne. De nombreuses voies d'accès ou de départ venaient se brancher sur cet itinéraire est-ouest, ainsi que le précise Louis Laborde-Balen :
"Le chemin du Piémont [...] se présente comme une sorte de squelette : un axe dorsal va bien de Saint-Bertrand [de Comminges] à Roncevaux ; mais à droite comme à gauche s'y greffent des arêtes latérales. Certaines viennent du nord [de la voie d'Arles]. D'autres allaient au sud pour passer au plus vite en Espagne par le premier "port" [col] en vue. De même quand, à partir du XIIIème siècle, la fréquentation de Roncevaux grignota celle du Somport, nombre de pèlerins continueront leur route depuis Oloron vers Roncevaux via l'Hôpital-Saint-Blaise et Mauléon." (Le chemin du Piémont, de Louis Laborde-Balen, in Guides des Chemins de Saint-Jacques en Aquitaine, Les guides du Bourdon, édition ronéotée, non paginée, 1998.)
La voie du Piémont, telle qu'on peut la reconstituer aujourd'hui, partait de Carcassonne et joignait Saint-Lizier, Saint-Bertrand-de-Comminges, l'abbaye de l'Escaladieu, Lourdes et, dans notre département : Lestelle-Bétharram, Asson, Bruges, Mifaget, et Sainte-Colome d'où, primitivement, les pèlerins obliquaient au sud vers la vallée d'Ossau et l'Espagne via Gabas et le col des Moines ou le col de Peyrelue (voie d'Ossau).
Par la suite, le développement de Roncevaux et la fondation de l'Hôpital Saint-Blaise ont provoqué la prolongation du chemin de piémont vers Saint-Jean-Pied-de-Port, en passant par Sévignacq, Oloron-Sainte-Marie, l'Hôpital-Saint-Blaise, Mauléon, Ordiarp et Saint-Just-Ibarre.

CHEMINS DE SAINT JACQUES ET TOPOGUIDES GR®

Les grands itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle présentent un intérêt indéniable pour la randonnée pédestre. Il est donc logique que la FFRandonnée et les comités départementaux s'intéressent à ces sentiers pour les promouvoir et les ouvrir aux randonneurs, même si leur profil et leurs motivations ne sont pas forcément identiques à ceux des pèlerins.
 * La voie de Tours (GR® 655) fait l'objet de deux TopoGuides® :

 - réf. 6551 : Bruxelles - Paris - Tours, éd. 2013,

 - réf. 6552 : Tours - Mirambeau, éd. 2014.

Un autre topo doit la décrire jusqu'à Saint-Palais dans notre département. Des équipes du CDRP 64 travaillent à ce chantier et l'homologation du GR® 655 dans notre département est prévue pour le printemps 2015.
 * La voie de Vézelay (GR® 654) est publiée dans deux TopoGuides® :

 - réf. 6542 : Vézelay - Périgueux, éd. 2013,

 - réf. 6543 : Périgueux - Roncevaux, éd. 2014.

 * La voie du Puy (GR® 65) est totalement décrite dans quatre TopoGuides® :

 - réf. 650 : Genève - Le Puy, éd. 2013,

 - réf. 651 : Le Puy - Figeac, éd. 2014,

 - réf. 652 : Figeac - Moissac, éd. 2014,

 - réf. 653 : Moissac - Roncevaux, éd. 2014.
 * La voie d'Arles (GR® 653) est publiée dans le TopoGuide® :

 - réf. 6534 : Toulouse - Jaca.

Ce topo comprend également le GR® 101 de Maubourguet à Tarbes et le GR® 78 de Lourdes à Oloron-Sainte-Marie.

 * La voie du Piémont (GR® 78) est décrite intégralement dans le TopoGuide® :

 - réf. 780 : Carcassonne - Lourdes - Roncevaux, éd. 2014.

Ce topo comprend également le GR® 65 de Saint-Jean-le-Vieux à Roncevaux, le GR® 108 vallée d'Ossau et le GR® 653 vallée d'Aspe.


Patrice Bellanger, vice-président de la Commission Sentiers & Itinéraires